Brutalis

Brutalis

Au départ, la rencontre du dessin et de la danse, de l’encre et du corps. S’en suivent sur scène des états de corps intemporels et partagés par d’autres présences, celles de la musique et de la trace, de la lumière et de la matière noire. De là émerge une femme et en elle ses plusieurs : insecte, grotesque, déesse, combative, brisée, délicate. Brutalis nous plonge dans un intérieur intime et organique où le corps en solo rappelle une évolution accélérée de l’espèce humaine ; où le corps est paysage de poussière, d’os et de peau. BRUT.

Brutalis a reçu le prix SACD en 2002.

"Avec une gourmandise détachée et sans craindre une seconde la laideur ou le grotesque, Karine Ponties se triture, se déforme pour faire advenir un corps paradoxal, tout d'os et de caoutchouc, dont l'apparente sécheresse recèle des trésors d'élasticité"

Le Monde, Rosita Boisseau

Deux pieds sur terre et une tête en l’air ; entre les deux se trouve un corps. Le corps pense avec ses mains, il fabrique de la tête peu à peu. La peau voudrait se retourner, elle s’essaye. La tête est lasse d’être en haut. Elle penche et s’enténèbre. L’amour quitte la tête et la tête se fait une raison qui se souvient de la source.

(…) Nous sommes tous des créatures dans notre labyrinthe intérieur, nous menons un combat et ce combat est un combat entre nous-mêmes. Tout individu porte en lui ses multiplicités intérieures, ses personnalités virtuelles, une infinité de personnages chimériques, une poly-existence dans le réel et l’imaginaire, le sommeil et la veille, l’obéissance et la transgression, l’ostensible et le secret, des grouillements larvaires dans ses cavernes et gouffres insondables (…).

Edgar Morin

(…) en descendant toujours le long des parois couvertes de graffitis enfantins, on parvient à un sanctuaire muet où se tient une petite idole, aveugle, souveraine, indifférente (…).

Edgar Morin

La question du sujet s’est dissoute en une mise en scène du sujet. L’identité est un champ de désastres, l’humour une façon de désamorcer la gravité du propos, une manière de le suspendre.

Jurgen Klauke

Crédits

Chorégraphie et interprétation : Karine Ponties

Collaboration artistique (visuels, scénographie) : Thierry Van Hasselt

Conception lumière et conseillère artistique : Florence Richard

Scénographie : Eric Domeneghetty, Wilfrid Roche

Musique – composition : Jan Kuijken et Dominique Pauwels

Enregistrée avec  : Dirk Descheemaeker (clarinette) George Van Dam (violons) Kristof Rosseuw (contrebasse) Jan Kuijken (violoncelle et piano)

Remerciements à : Laurence De Jonge, Jean-Luc Goossens, Marco Leone et Valérie Martino

Durée : 55 minutes

Première : 17 décembre 2002, Chapelle des Brigittines, Bruxelles.


Production

Production : Dame de Pic / Cie Karine Ponties

Coproduction : Les Brigittines, Charleroi/Danses - Centre Chorégraphique de la Communauté française Wallonie-Bruxelles, LOD, Centre Chorégraphique National de Rennes.

Références de travail

  • Les états du corps de Bernard Noël
  • Génie du non lieu de Georges Didi-Hubermann
  • Le désastre moi de Jurgen Klauke
  • Photos de Wynn Bullock
  • La vie des animaux de Michael Sowa et Axel Hacke
  • Futur ancien Fugitif de Olivier Cadiot
  • Dessins de Wilfrid Roche

© 2013 Dame de Pic / Cie Karine Ponties Design : Speculoos